Vous trouverez ci-dessous quelques mots sur le dernier projet des élèves de sixième CHAAP :

En partenariat avec l’ESAD de Valence et l'artiste Sylvie Garraud, les 24 élèves de 6ᵉ CHAAP ont, durant 5 séances, exploré la terre lors d’un atelier immersif, comme on explore un continent inconnu.
La terre du quotidien — celle des terrains vagues, celle que nous foulons sans y prêter attention — a été triée, décomposée, filtrée, décantée. Sous leurs doigts, les particules, grossières ou fines, se sont révélées, s’amalgamant en un liant minéral : l’argile, cette mémoire vivante de la planète.
De cette quête sont nées des productions multiples : peintures à la barbotine, modelages, sculptures, et des installations in situ, où chaque geste interrogeait l’équilibre entre choix artistique et contraintes imposées par le matériau. Leurs réalisations ont témoigné d’une compréhension profonde des notions de structure, de transformation, et de cette magie discrète qui fait basculer la matière vers le sensible.
Face au spectateur, les élèves ont souhaité partager plusieurs expérimentations et ouvrir une porte vers leur imaginaire. Leurs créations ont pris forme dans l’E-LRO, espace de dialogue entre l’œuvre et le regard, ainsi que dans un terrain vague transformé, le temps d’une exposition, en un jardin d’idées — là où la terre, enfin écoutée, a révélé quelques secrets.

Au Musée de Valence, les élèves de quatrième ont découvert, à travers les œuvres d’Hubert Robert et de Fragonard, que la nature était au du XVIIIᵉ siècle un espace d’émotion, de liberté et d’invention. Entre jardins rêvés et scènes vibrantes, l’art y devenait un espace de dialogue avec le vivant.
Cette visite préfigure leur projet de l’an prochain, « Les arts et le vivant — Hommage à Francis Hallé », une réflexion sur notre place dans le monde à l’ère de l’Anthropocène et une opportunité de s’approprier les langages artistiques afin de se saisir des urgences climatiques.
Avant d’aborder ces enjeux contemporains, les élèves se sont plongés à travers les 80 œuvres de l’exposition temporaire du Musée de Valence dans une création du paysage chez les deux artistes à l’honneur.
Alors que Hubert Robert y célèbre la ruine comme symbole de renaissance, pressentant que nature et art sont des cycles éternels de destruction et de création, Fragonard, capture l’instant avec une énergie fiévreuse. Tous deux rappellent que la nature n’est pas un simple motif, mais un miroir de nos peurs et de nos désirs.
À travers des questionnements pertinents, les élèves ont compris que l’art peut servir de boussole pour naviguer dans les défis écologiques actuels.
Francis Hallé, botaniste et artiste, a consacré sa vie à observer et défendre les forêts tropicales. Son travail, à la croisée de la science et de la poésie, invite à voir le vivant comme véritable partenaire.
Entre les jardins imaginaires de Hubert Robert, les scènes vibrantes de Fragonard et les forêts de Francis Hallé, les élèves traceront leur propre chemin, au sein duquel l’art devient une clé pour appréhender le monde et réinventer notre rapport au vivant.